Les différents modèles de Lancia Augusta et Belna

 L'Augusta a été fabriquée en une seule série du 8 février 1933 (numéro 1) au 14 décembre 1936 (numéro 14101). La berline portait le code usine 231 tandis que les châssis destinés aux carrossiers extérieurs avaient le code 234. Les fabrications françaises Belna étaient référencées F31 pour la berline et F34 pour le châssis.

Certains "spécialistes" ont raconté durant les années 1960/70 que la Lancia Augusta avait été déclinée en trois séries propageant ainsi une idée fausse qui, à force d'être répétée, a semé un léger doute. Aucun manuel d'entretien ni le listing des pièces détachées constructeur ne fait état de ces séries. Ni les tableaux officiels de fabrication ni les homologations n'en font état. L'Augusta ne reçut qu'un seul châssis et une unique motorisation du premier au dernier exemplaire. L'Augusta connu, selon les tableaux de fabrication Lancia une version type "STANDARD" du 8 février 1933 au 20 novembre 1934 et selon les numéros 1/châssis N° 231-1005 à la voiture N° 7000/châssis N° 231-1004 construite spécialement pour M. Alghisi, la voiture N° 6997 pour l'Ing. Falchetto, la N° 6998 pour M. Arturo Lancia et N° 6999 pour le Musée Lancia, soit un total de 5.517 voitures montées.

A côté du type Standard, à partir du 14/02/1934, Lancia présenta le type "LUSSO", qui était une adaptation du modèle Luxe précédent, avec la première voiture N° 3469/châssis N° 231-4431 qui seront fabriquées jusqu'au 04/12/1934 avec la voiture N° 7004/châssis N° 231-7992, soit un total de 1.267 exemplaires.

Au mois de décembre 1934, la fabrication se poursuivra avec un type unique dit "UNIFICATO". Le nombre global de voitures fabriquées à cette date était de 6 784 exemplaires.

La fabrication de l'Augusta se terminera le 05/12/1936.

En 1933, la Lancia Augusta apparait sur le marché italien. On pourrait penser de nos jours qu'une rivalité logique ait pu s'engager avec la Fiat 508 Balilla, le modèle Fiat à la mode et de grande diffusion, présenté à peine un an plus tôt. Mais la comparaison entre les deux voitures ne peut aller au-delà du fait que bien que de tailles et de cylindrées semblables, elles ne touchent pas la même clientèle. La Lancia Augusta est affichée au prix de 19 500 Lires voir 24 000 lires avec les options tandis que la Fiat Balilla est vendue la moitié moins soit 10 800 Lires.

Le moteur V4 à arbre à cames en tête de 35 cv de l'Augusta lui autorise une vitesse de 110 km/h tandis que le petit 4 cylindres en ligne de la Fiat développe une puissance d'à peine 20 cv et dépasse de peu les 80 km/h. Les deux voitures n'ont jamais été concurrentes ni dans l'esprit des constructeurs ni dans celui de la clientèle italienne. De même qu'aujourd'hui, il est flagrant que les deux marques, même si elles font maintenant partie du même groupe, ne fabriquent pas des produits concurrents, sauf dans quelques esprits chagrins qui n'ont rien compris à l'automobile.

La production de la nouvelle Augusta rencontra rapidement les faveurs du public au point que les ventes dépassèrent largement toutes les prévisions, même les plus optimistes. Ce modèle sera très rentable pour la marque, V. Lancia aurait dit ce fut la plus belle “affaire” de l'entreprise, meilleure que la Lambda. Ce sera dailleurs la première Lancia construite sur une ligne de montage de sa conception avec un outillage particulier et breveté. L'Augusta permit à Lancia de devenir l'entreprise la plus avancée d'Italie au niveau de la technologie du produit et de sa fabrication.

La “petite” Augusta sera un prodige qui ne se renouvellera pas où sinon seulement avec l'Aprilia, car Lancia “souffrait” avec les coûts exhorbitants de son usine de Bolzano et les temps n'étaient plus aussi florissants que dans le passé. La gestion financière fine de ce type d'industrie allait prendre une importance capitale dans toutes ces entreprise. Les temps étaient révolus où l'on achetait une voiture parce qu'elle était d'une certaine marque et le client ne faisait pas de comparaison avec la concurrence. Très longtemps Lancia était réstée avec un statut d'”Immortelle” dans l'histoire de l'Automobile. La Dilambda coutait très cher à fabriquer, les Astura et Artena n'ont jamais connu une rentabilité suffisante pour financer le développement de la marque, pire, la triste expérience étrangère en terre de France, les modèles Belna et Ardennes se solda par un échec financier cuisant malgré une réussite commerciale. Heureusement, ce ne fut pas le cas avec la division véhicules industriels Lancia V.I. qui restera très rentable depuis les premiers camions de la série Jota confirmés par les séries Ro et 3Ro.

En 1935, 90% de l'activité industrielle automobile de Lancia était consacrée à l'Augusta, avec des résultats financiers excellents. On peut facilement faire un parallèle avec Ford en considérant que l'Augusta fut pour Lancia les modèles "T" et "A" pour Ford.

L'Augusta sauva financièrement la marque Lancia durant les années de grave crise économique d'après 1929 et permit à la marque d'accumuler une trésorerie suffisante pour financer plus tard les projets des futures voitures Aprilia et Ardea jusqu'aux années 50, avec l'Aurelia et l'Appia.

 

Les différentes carrosseries.

Un an après le lancement de la berline, Lancia propose en avril 1934, au Salon de l'automobile de Milan, un châssis spécialement destiné aux carrossiers. Cette version recevra le code usine type 234.

C'est à partir de cette base que les ateliers Lancia créeront en 1934 une version "transformable" c'est-à-dire un cabriolet signé "Stablimenti Lancia" qui sera fabriqué jusqu'en 1936. C'est en fait le carrossier Italien Farina qui réalisera cette version.

Beaucoup de carrossiers tant italiens, qu'étrangers utilisèrent cette base Augusta. Ils réalisèrent des berlines, cabriolets, coupés, spiders...

Parmi les réalisations remarquables il faut souligner la berlinette aérodynamique 4 portes dut à Touring. En France, la carrosserie Marcel Pourtout de Bougival obtint un contrat en 1934 avec la filiale Lancia France Automobiles de Bonneuil-sur-Marne pour la production de 326 véhicules sur la base F34 construits de décembre 1934 à avril 1937, dont 117 coupés et 209 cabriolets 4 places.

D'autres carrossiers comme Paul Neé, Figoni & Falaschi, Joseph Saoutchik, Labourdette, Gangloff, Seicheron, Pourtout, Franay (pour les Belna), Stablimenti Farina, Bertone, Touring, Viotti, Ghia, Borghi, Boneschi, Balbo (pour les Augusta) ont créé de superbes voitures sur la base de la Lancia Augusta/Belna. Un clin d'œil particulier à la Lancia Belna Éclipse conçu par Georges Paulin en 1933, un coupé-cabriolet qui sera la première voiture au monde avec ce concept de carrosserie coupé/cabriolet qui sera réalisé en petite série (5 ou 6 exemplaires) par le carrossier Marcel Pourtout !! Elle disposait d'un toit rigide qui disparaissait dans le coffre avec une commande manuelle.

Au Royaume-Uni, on peut signaler la version Sport Tourer aux lignes typiquement british de Lord Kevill-Davies & March, concessionnaire Lancia à Londres, qui pouvait recevoir une version suralimentée à l'aide d'un compresseur de la petite Lancia. L'Augusta fut rarement utilisée dans des compétitions automobiles mais elle participa à la course de Brooklands en 1935, avec un modèle travaillé pour atteindre les 100 miles soit 160 km/h. Le 8 mars 1935, le pilote anglais Brian Lewis gagna toutes les courses de la catégorie où courait la Lancia Augusta, et les journaux anglais à cette occasion rebaptisèrent la nouvelle Lancia "AUGUSTA VICTRIX".

 

Les Lancia France type Belna F31.

De 1934 à 1937, sous le nom de Belna, la Lancia Augusta sera fabriquée en France, dans une usine construite et équipée par l'outillage Lancia pour cela à Bonneuil-sur-Marne près de Paris. Sur un terrain de 5 hectares acquis par Lancia France Automobiles, société créée le 1er octobre 1931 pour fabriquer pour le marché français les voitures Lancia qui ne pouvaient plus être importées d'Italie en raison des droits de douane prohibitifs de 150% si 85% au moins des composants du véhicule n'était pas de fabrication française. L'usine dont tout le personnel français avait préalablement été formé en Italie sur les chaînes Lancia comptait 550 salariés. La Lancia Belna, copie conforme de l'original italien, était connue sous le code usine F31 pour la berline et F34 pour les châssis. Les seules différences tiennent à l'origine de certains composants comme : les pare-chocs, la calandre usinée par Chausson, les attaches du coffre (pour éviter la copie sans licence par Citroën), les phares avant jaunes de Cibié au lieu des Carello, les jantes qui seront utilisées plus tard sur certains modèles Peugeot, les teintes provenant de fabricants français et le cadre instruments Jaeger.

Le nombre de Lancia Belna fabriquées durant les quatre ans d'existence de l'usine de Bonneuil-sur-Marne s'élève à environ 3000 exemplaires, dont 2500 berlines F31 et 500 châssis F34. Aucune donnée plus précise sur cela car les registres de fabrication semblent avoir été détruits lors de la guerre.

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